À l’automne 2025, j’ai expérimenté la marche seule, durant six jours. Une escapade toute simple, entre Fribourg et Genève, pour terminer en beauté mon chemin de la voie 4, la via Jacobi en Suisse, que j’ai parcourue de Rorschach à Genève. J’ai traversé la Suisse d’est en ouest et j’ai découvert les plaisirs simples de la marche, ses incroyables bienfaits et je me suis émerveillée de vivre dans un pays magnifique !
Je ne m’étais jamais aventurée à partir seule, pourtant je sais à quel point la solitude peut faire du bien. J’apprécie énormément le partage, mais j’ai trouvé dans la marche seule une incroyable façon de se reconnecter à soi, de vivre des moments de plénitude intense, et même dans des conditions météorologiques parfois difficiles. Depuis cette expérience, je sais que j’en ai besoin pour mon équilibre. Alors je vais renouveler l’aventure sous forme de pèlerinage en partant depuis chez moi, sac à dos léger, pour terminer là-bas…d’où je viens.
Parce que cette année 2026 a été éprouvante au niveau émotionnel et physique, je ressens à nouveau le besoin de m’évader, de partir seule pour lâcher prise sur tout ce qui envahit mon esprit ou me rend malade physiquement. Une sorte de reset intérieur, pour repartir sur de bonnes bases et continuer d’affronter ce monde qui ne me correspond pas ou plus…
Je m’octroie quelques jours de pause, qui me sont indispensables pour poser en chemin ce qui me pèse, laisser mon esprit vagabonder avec ses pensées, mais aussi mettre mon corps à rude épreuve. Après un été invivable à cause de la canicule, alors que je me rétablissais d’une intervention médicale, mon corps a besoin d’évacuer ce trop plein. Les émotions fortes que j’ai vécues et parfois contenues, ainsi que le manque de mouvement à cause d’une fatigue physique intense.
J’ai planifié un itinéraire en fonction de mes capacités physiques, en y ajoutant quelques difficultés pour me challenger. L’année passée j’ai marché sous la pluie six jours durant, et j’ai même affronté la tempête « Benjamin », mais il n’y avait pas de difficulté particulière, à part les kilomètres avalés, trempée. Cette fois-ci je raccourci l’itinéraire, mais le dénivelé sera plus important. Plus court mais peut-être plus intense aussi.
Je vais traverser le Chasseral pour atteindre la vallée de Tavannes et rejoindre Delémont, dans le canton du Jura, là d’où je viens. Une sorte de retour en arrière, que j’ai senti approprié pour une nouvelle introspection. Je profiterai de parcourir sur place divers endroits que j’ai beaucoup fréquenté étant jeune, de me remémorer des histoires familiales si lointaines, de faire un bilan sur qui je suis devenue après tant d’années d’éloignement. Donner un sens encore plus profond à cette marche en solitaire.
Et mon plus grand luxe sera celui d’aller à mon propre rythme, de faire ce qui me convient à chaque instant, de rire, crier ou pleurer si je le souhaite, ou simplement de m’arrêter. De ne subir aucune intervention ou contrainte externe, seule avec les éléments, seule avec moi-même. Accepter les pensées qui vont arriver, les laisser repartir, sentir mon corps souffrir mais qui est en vie. Admirer le paysage, la faune et la flore, dans mon silence. Sentir, écouter, être dans le moment présent, ancrée dans la nature. C’est comme un appel qui s’est installé dans mes tripes.
J’ai hâte et j’ai peur aussi. De ne pas être à la hauteur, de manquer de confiance ou de détermination face aux difficultés physiques. mais l’appel est trop fort et je sais que ce qui est à vivre est unique. Et puis j’apprécierai le retour dans ma zone de confort, la présence de ma moitié, la compagnie de mon chat.
Un petit break nécessaire, devenu presque vital, dans cette vie mouvementée…
« Il n’y a pas de liberté sans risque, sans ignorance, sans aventure »
À bientôt, pour de nouvelles aventures !
Clara Maturo
Thérapie par la nature : nutrition, marche & méthode Kneipp


